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Stratégie II : L’homonymie ou comment « casser » en jouant sur les mots

La technique de l’homonymie consiste à jouer sur des homonymes, c’est-à-dire des mots qui ont la même forme orale ou écrite mais qui ne signifient pas la même chose. Par exemple, maire, mer ou mère sont trois mots différents avec des sens différents mais qui se prononcent pourtant de manière comparable.

Le principe consistera à déformer les propos de son contradicteur pour le déstabiliser, ceci précisément en jouant sur les sens multiples que peut avoir un mot.

Exemple 1:

  • Napoléon était un grand homme !
  • Réponse : 1,69 m ? Vous trouvez cela grand ? Nous n’avons manifestement pas les mêmes références

Exemple 2:

  • Vous n’aimez pas les noirs !
  • Réponse : Mais j’adore les noirs, les clairs obscurs, les jeux d’ombres et j’ai beaucoup d’admiration pour les photographes et les réalisateurs de films qui savent les mettre en évidence.

Ce n’est pas avec cette technique que vous réussirez à convaincre votre interlocuteur mais, par contre, cela peut vous aidez à troubler quelqu’un, à le «casser». En outre, s’il y a du public et que vous réussissez à être un peu drôle dans votre réponse, cela pourrait faire rire et ce rire pourra contribuer à faire oublier l’argument de l’autre.

N’ayez jamais recours à cette méthode dans le cadre d’une discussion calme, d’un échange d’idées ou d’un argumentaire de vente. Par contre, cela peut être très utile dans un débat ou si quelqu’un vous agresse verbalement.

Un autre exemple, tiré de la littérature (et plus précisément de Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand) :

  • Le viconte : Maraud, faquin, butor de pied plat ridicule !
  • Réponse de Cyrano : Et moi, Cyrano-Savinien-Hercule De Bergerac

Il n’y a pas ici d’homonymes, mais il s’agit bien de la même technique. Cyrano déforme le sens des insultes qui lui sont adressées en faisant croire qu’il pense que son interlocuteur lui donne son nom. Il répond de manière élégante en se présentant à son tour. Du grand art.

La première limite de la technique est donc qu’elle ne peut pas être utilisée pour convaincre mais uniquement pour ébranler l’adversaire. La deuxième limite est qu’il ne faut pas passer pour un idiot qui ne comprend rien. Il sera donc souvent utile de mettre de l’intonation dans sa réponse, en adoptant un ton ironique, humoristique ou au contraire choqué.

Ce dernier point est d’ailleurs la parade à utiliser face à quelqu’un qui joue sur l’homonymie : plutôt que d’essayer de s’expliquer sur ce que l’on a voulu dire, il vaut mieux laisser entendre qu’il faut être idiot pour ne pas comprendre.

A retenir :

Vous pouvez surprendre, et même parfois ridiculiser, votre adversaire en donnant à ses propres mots un sens différent de celui auquel il pensait.

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