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Quelle expérience aimeriez-vous vivre ?

Le blogueur Steve Pavlina, auteur de « Personal Development for smart people », recommande lorsqu’on hésite sur la bonne décision à prendre de se poser la question suivante « Parmi les différentes solutions possibles, quelle expérience aimerais-je vivre ? ». Lorsqu’on doit faire un choix entre différentes options et que chacune de ces options est relativement valable, on est souvent bloqué parce qu’on cherche à tout prix à prendre « la meilleure décision ». Pourtant, la réalité est qu’il y a peu de véritables mauvaises décisions mais il est rare que l’on puisse réunir la totalité des informations dont on a besoin pour prendre ce qui serait réellement « la meilleure décision ». Imaginons, par exemple, que vous ayez à faire un choix professionnel entre rester dans l’emploi que vous occupez actuellement ou accepter une nouvelle proposition. Si vous êtes peu heureux dans la place que vous occupez, le choix sera probablement assez facile. Si par contre vous êtes relativement bien, il vous sera évidemment quasiment impossible d’être certain que vous serez mieux dans la nouvelle fonction proposée puisque, tant que vous n’aurez pas essayé, vous ne connaîtrez jamais la totalité des paramètres (ambiance de travail, qualité des collègues, ponctualité dans le paiement des salaires, intérêt du travail, etc.). Pourtant, après avoir rassemblé les éléments d’informations dont vous disposez, il vous faudra prendre une décision et cela peut être difficile si les deux choix sont potentiellement intéressants. C’est dans ce contexte que le conseil de Steve Pavlina a tout son sens puisqu’il vous dit tout simplement qu’à partir du moment où plusieurs choix valables sont possibles, il faut se décider en faveur de l’expérience que l’on a envie de vivre.

Quel rapport, me direz-vous, avec le fait de vouloir convaincre ? Convaincre quelqu’un, c’est l’amener à prendre une décision, donc si vous voulez avoir une force de persuasion réelle, vous devez comprendre comment fonctionne le mécanisme de la décision et, dès lors, vous comprendrez comment orienter quelqu’un dans le sens souhaité. Dans ce cadre, l’un des facteurs essentiels de la décision est l’envie. En d’autres termes, pour augmenter vos chances vous devez donner envie de prendre une décision et favoriser l’envie de « vous donner raison. Cela signifie notamment que vous ne « forcerez » jamais personne à faire quelque chose juste parce que vous le décidez, sauf bien entendu si vous mettez un revolver sur la tempe de votre interlocuteur ou, de façon générale, si comme dans « Le Parrain » vous faites une « proposition que l’on ne peut pas refuser ».

En dehors de ces cas qui reposent sur l’utilisation de la force ou de l’autorité, vous ne pourrez quasiment jamais inciter quelqu’un à faire quelque chose dont il n’a pas au moins un peu envie. Tout l’art consiste donc à rechercher les envies et à les faire grandir. À cet égard, vous devez bien comprendre que lorsqu’on parle d’envie, cela ne signifie pas nécessairement une énorme envie. Sur une échelle de 1 à 10 dans le cadre de laquelle 10 serait l’envie véritablement irrésistible à un moment donné (manger un bout de chocolat, embrasser votre compagnon ou compagne, prendre votre enfant dans les bras, acheter quelque chose dont vous rêvez, etc.) même une envie de niveau 1 peut être largement suffisante pour inciter à prendre une décision mais à condition de la faire grandir ce qui suppose deux choses, à savoir 1. Amenez votre interlocuteur à prendre conscience de cette envie 2. Orienter ensuite ses pensées vers cette envie pour lui donner plus de force. Cette deuxième partie est relativement facile, une fois que l’on a obtenu le stade de la prise de conscience de l’envie. Par contre, ce premier stade peut être compliqué car c’est celui qui présentera le plus de résistance.

Supposons que vous ayez décidé de convaincre quelqu’un d’arrêter de fumer. Aujourd’hui, tout le monde sait que fumer est un acte vraiment stupide et donc tous les fumeurs devraient avoir envie d’arrêter. Pourtant, la majorité d’entre eux ont en réalité plus envie de continuer à fumer que d’arrêter. Cela ne répond à aucune logique rationnelle mais la cigarette fait partie de leur univers, de leur plaisir, de leurs habitudes et donc au fond d’eux-mêmes ils n’ont aucune véritable envie d’arrêter même s’ils vous diront probablement le contraire parce qu’ils savent qu’ils devraient. La première chose à faire en ce cas est donc bien de travailler sur la motivation c’est-à-dire de développer une envie d’arrêter plus grande que l’envie de continuer. Hors cette envie est quasiment toujours présente même si elle peut être très minime. Il faut donc la faire apparaître et ensuite la renforcer. Par exemple, l’un de mes amis a arrêté récemment de fumer après plus de 30 ans de tabagie parce ce qu’il est à nouveau papa depuis peu de temps et qu’il a pris conscience que s’il ne prenait pas soin de sa santé, il risquait fort d’être un père incapable de suivre le rythme de son enfant ou, pire, d’être un père prématurément décédé. L’envie d’être présent pour son enfant est plus forte que celle de continuer à fumer et la présence de cet enfant renforce chaque jour cette envie positive. Logique mais c’est la première fois en plus de 30 ans qu’une envie est plus forte que son vice. Cette envie était déjà présente avant la naissance de l’enfant mais cet événement l’a fait apparaître.

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