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« On devrait être payé en fonction du plaisir que l’on a à exercer son activité. Plus on a de plaisir, plus on est payé. » Peter Koenig

Cela ressemble à une plaisanterie. Recevoir un salaire en proportion du plaisir que l’on a à exercer son métier ? Vous êtes fou ? C’est inimaginable.

Bien entendu, rien n’interdit d’éprouver du plaisir à travailler. Au contraire. Mais de là à considérer que ce plaisir devrait être un élément clé déterminant le salaire, il y a un pas difficile à franchir.

Et pourtant.

Réfléchissons un instant.

Quelqu’un qui est heureux dans ce qu’il fait, quel que soit son métier, va transmettre son plaisir et son enthousiasme.

Il sera probablement plus motivé que celui qui est la par «contrainte ». Il vit sa vie plutôt que de simplement la « gagner ».

Par exemple, n’avez-vous pas dans vos souvenirs l’un ou l’autre professeur particulièrement enthousiaste réussissant à transmettre un minimum d’intérêt pour la matière qu’il enseignait, aussi rébarbative soit elle ? Je me souviens pour ma part d’un professeur de biologie, à l’époque où j’usais mes jeans sur les bancs de l’école, qui par sa seule motivation a réussi à éveiller en moi une lueur d’intérêt – faible mais réelle – pour les amibes, les lombrics et les fleurs monocotylédones ou dicotylédones. N’y aurait-il pas une cohérence à laisser le salaire de cet enseignant être influencé en proportion de son plaisir à donner cours ? Est-ce que cela a vraiment un sens de le payer sur base d’un barème de salaire sans beaucoup d’intérêt ?

Encore faut-il ne pas confondre le plaisir et la « simple » bonne humeur. Il est évident qu’il est plus agréable de côtoyer des gens joyeux mais cela ne suffit pas. Cet état d’esprit heureux peut être simplement le fruit d’une nature positive et non d’un enthousiasme à ce que l’on fait. Être joyeux ne signifie pas être motivé, même si cela a tendance à aider.

À l’heure où les uns ne parlent que de productivité et d’autres que d’égalité, il est sans doute déraisonnable d’imaginer de récompenser le plaisir par un salaire en proportion. On peut aisément deviner les objections des grincheux : « l’important est que le travail soit fait sérieusement, peu importe le plaisir » ; « tout le monde n’a pas la chance de faire un travail qu’il aime » ; « il y aura toujours des métiers plus pénibles que d’autres » ; « récompenser les gens heureux est injuste pour les gens malheureux » ; ou plus généralement « arrête de rêver, tes élucubrations n’ont aucun sens ».

Peut-être.

Toujours est-il que je constate tous les jours que s’il y a des gens consciencieux dont l’apport est précieux, ce sont surtout les enthousiastes qui font bouger le monde.

De là à dire que ce sont ceux qui devraient avoir le plus gros salaire….je vous laisse y réfléchir.

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