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Comment arriver au but poursuivi si on ne peut pas mettre de pression ?

L’être humain a un réflexe naturel de résistance qui implique que plus vous tenterez de le contraindre à accepter quelque chose, plus il aura une tendance, consciente ou inconsciente, à s’opposer à votre volonté.

Nous commettons trop souvent l’erreur de raisonner comme le fait une équipe de rugby au moment de la mêlée c’est-à-dire que l’on s’oppose les uns aux autres, on pousse autant que possible, le plus fort gagne et le plus faible manifeste son respect en disant « bien joué ». Dans les meilleures histoires, tout le monde se retrouvera ensuite à la buvette du stade et les adversaires du jour boiront des bières ensemble en se tapant sur l’épaule et en se félicitant mutuellement. Je suppose que nous sommes d’accord sur le fait que ce n’est absolument pas comme cela que ça se passe en dehors des terrains de sport et que nous sommes donc tous bien conscients que celui que l’on aura « battu » à force d’arguments ou autres ne sera en réalité absolument pas convaincu, ressentira de la frustration, tentera tout ce qu’il peut pour ne pas devoir respecter ses engagements et, éventuellement, prendra sa revanche d’une manière ou d’une autre.

La situation est donc que, d’une part, si l’on met de la pression en tentant trop fortement de convaincre, cela provoquera de la résistance et, d’autre part, même si l’on parvient à vaincre cette résistance à force d’arguments et de pression supplémentaire, l’on aura uniquement en face de soi un interlocuteur mécontent de la décision et qui fera tout ce qu’il peut pour ne pas devoir la respecter.

La question qui se pose est donc de savoir comment vous pouvez atteindre un but à partir du moment où vous ne pouvez pas et ne devez pas essayer de contraindre votre interlocuteur.

La réponse est facile à énoncer mais difficile à comprendre à savoir qu’il faut simplement donner envie à votre interlocuteur de vous donner raison. En fait, vous devez accepter l’idée qu’il est quasiment impossible de pousser quelqu’un a vouloir une chose qu’il ne désire pas déjà mais, et tout est dans le « mais », la vérité est que l’on désire souvent des choses dont on n’est pas totalement conscient et qui sont pourtant un motif suffisant pour prendre une décision.

Vous ne me croyez pas ? Pensez-vous que les gens qui votent en France pour le Front National aient envie que le pays devienne une dictature avec à sa tête une succession de membres de la famille Le Pen comme dirigeant à vie ? Évidemment que non, à part bien entendu quelques exceptions qui confirment la règle. Ce qu’ils veulent c’est protéger leur mode de vie, c’est se sentir en sécurité, c’est avoir des dirigeants qui prennent des décisions et qui les font exécuter. Ils ont donc un certain nombre de souhaits et un bon marketing leur fait croire, à tort ou à raison ce n’est pas le débat ici, que le Front National est le meilleur parti pour satisfaire ces envies.

Vous ne me croyez toujours pas ? Laissez-moi vous citer un exemple personnel récent. Au jour où j’écris ces lignes, nous sommes le lendemain de la Saint-Valentin. Personnellement, je déteste l’idée de me retrouver au restaurant le jour de la Saint-Valentin, entouré de couples qui se tiennent la main et se regardent plus ou moins amoureusement en ayant plus ou moins de choses à se dire. Pourtant, il s’agit d’une scène que j’ai vécue régulièrement et ce week-end encore j’étais prêt à emmener ma compagne au restaurant. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle en avait envie et que j’avais de mon côté envie de lui faire plaisir (en définitive, nous avons été déjeuner au restaurant samedi midi et donc elle a eu le moment qu’elle souhaitait mais dans un contexte qui me convenait. Vive les compromis équilibrés).

Il faut donc savoir jouer sur les désirs, sur les envies, sur les motivations de votre interlocuteur et c’est comme cela que vous arriverez à le convaincre bien plus efficacement et plus durablement que si vous obteniez un accord plus ou moins contraint.

 

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